30/05/2016

Lettres à Stella, d'Iona Grey

Lettres à Stella

Iona Grey



À la nuit tombée, fuyant la violence de son compagnon, une jeune femme court dans les rues glacées de Londres. Jess n'a nulle part où aller. Surgissant dans une ruelle déserte, elle trouve refuge dans une maison abandonnée.
Le lendemain matin, le facteur glisse une lettre mystérieuse par la porte. Incapable de résister à la tentation, Jess ne peut s'empêcher de la lire et se retrouve plongée dans une histoire d'amour d'un autre temps.



Merci à Les Escales !
Jess fuit son compagnon violent, et se retrouve seule dans les rues de Londres. Elle va trouver refuge dans une maison abandonnée, où elle espère trouver un peu de repos. Mais en plus du repos, elle va y trouver une lettre : une lettre qui la ramène droit en 1943, et au début d'une histoire d'amour entre une jeune femme et un aviateur américain.
Peu à peu, Jess va découvrir leur histoire au travers de leur lettre, où elle espère trouver le bonheur. Elle décide alors de tout faire pour retrouver ces deux personnages : Stella et Dan, et découvrir s'ils sont toujours vivants et ensemble. Car on ne peut pas dire que leur histoire fut facile : Stella vient de se marier à un pasteur, et en tant qu'aviateur, Dan a très peu de chance de sortir vivant de cette horrible guerre...
Lettres à Stella est un roman épais, très dense, mais tellement prenant ! Si vous avez aimé Le Chant du Rossignol, de Kristin Hannah ; Le train des orphelins, de Christina Baker Kline ou Il était une lettre, de Kathryn Hughes, je pense que ce livre de Iona Grey ne pourrait que vous captiver !
Iona Grey alterne habilement entre le présent et le passé. La vie de nos jours, avec Jess qui retrouve un but à sa vie en se concentrant sur la recherche de Dan et Stella, et qui se fait également aider par Will, qui travaille dans les successions d'héritage ; mais aussi avec le passé et les premières rencontres des deux amoureux. Deux époques, deux vies, mais qui ne sont pas si différentes l'une de l'autre ! Les lettres d'amour entre Dan et Stella permettent de nous replonger dans cette époque, dans l'horreur de la guerre et du Blitz, mais aussi d'avoir un aperçu de comment vivait les hommes au front ainsi que les femmes qui étaient laissé derrière. La condition des femmes durant cette époque est particulièrement bien décrite : Iona Grey brosse avec talent les moindres détails de la vie de Stella, au début une jeune mariée innocente, dont le quotidien est bouleversé par la guerre, et qui se fane dans un quotidien auprès d'un mari absent ou indifférent. Les premiers émois, puis l'amour qu'elle ressent pour Dan est tout simplement bouleversant et magnifique... Une lueur d'espoir, trop souvent terni par la guerre !
Mais le personnage de Jess n'est pas en reste. Elle a été détruite par la relation abusive qu'elle vivait avec son ex-copain, elle repartait de rien de tout. Mais le hasard – ou la chance ? – a mis ces lettres sur son chemin, ce qui va la conduire à une nouvelle vie, une vie qu'elle prend en main, de nouvelles rencontres, des amis, l'amour aussi... On ne peut qu'apprécier ce petit personnage cabossé !
Lettres à Stella est un roman très fort, avec une plume délicate : j'ai eu le cœur serré tout au long de ma lecture ! Je ne peux que vous encourager à vous plonger dans cette épopée, un gros coup de cœur pour ma part.


Chroniques en + : l'avis de Johanne et Une valise remplie d'histoires !



28/05/2016

The Last Kingdom – Saison 1 (BBC)

Fiche technique

Titre original : The Last Kingdom
Genre : Drame historique
Musique : John Lunn
Pays d'origine : Royaume-Uni
Chaîne d'origine : BBC Two, BBC America
Nb. de saisons : 1
Nb. d'épisodes : 8
Durée : 58 minutes
Officiellement renouvelée pour une saison 2


 


Synopsis

À la fin du IXe siècle, ce qu'on appelle l'Angleterre aujourd'hui est séparée en plusieurs royaumes. Les terres anglo-saxonnes sont attaquées et régies par les Danois.
Uhtred est le fils orphelin d'un noble Saxon. Kidnappé par les Scandinaves et élevé parmi eux, il doit sans cesse choisir entre le royaume de ses origines et le peuple qui l'a vu grandir.





Distribution

Alexander Dreymon : Uhtred of Bebbanburg
David Dawson : King Alfred
Emily Cox : Brida
Tobias Santelmann : Ragnar Ragnarson
Rune Temte : Ubba
Ian Hart : Beocca
Thomas W. Gabrielsson : Guthrum
Joseph Millson : Ælfric
Alexandre Willaume : Kjarten
Charlie Murphy : Reine Iseult





Épisodes

Saison 1 (2015)
1- Titre français inconnu (Épisode 1)
2- Titre français inconnu (Épisode 2)
3- Titre français inconnu (Épisode 3)
4- Titre français inconnu (Épisode 4)
5- Titre français inconnu (Épisode 5)
6- Titre français inconnu (Épisode 6)
7- Titre français inconnu (Épisode 7)
8- Titre français inconnu (Épisode 8)





Mon avis


The Last Kingdom est l'adaptation des deux premiers tomes de la série Les Chroniques Saxonnes, de Bernard Cornwell. Ayant appréciée les livres, j'étais curieuse de voir ce que la série allait donner !
IVème siècle, en Angleterre : la majeure partie du pays est occupé par les Danois. Alors qu'il n'était qu'un enfant, Uthred, issu d'une bonne famille, voit une partie de sa famille se faire tuer, et lui-même est enlevé par Ragnar, un chef de guerre. Au début considéré comme un simple otage, il va rapidement s'intégrer au clan et devenir l'un d'entre eux. Quelques années plus tard, la guerre fait de nouveau rage, et il voit une nouvelle fois sa vie tomber en morceaux... A partir de ce moment, il va devoir décider s'il est Saxon ou Danois, et savoir qui il est vraiment.
Même si je connaissais le début de la vie d'Uthred grâce aux livres, je me suis laissé prendre très rapidement à la série. Car, après tout, il a tout ce qu'il faut pour me plaire ! Lutte, pouvoir, amour, bataille, remise en cause de son identité, des paysages magnifiques...

The Last Kingdom a souvent été comparé à Vikings, mais les seuls points communs est l'époque historique et quelques noms. C'est bien tout ! Un peu à la manière de Vikings ou de Game of Thrones, The Last Kingdom va nous montrer batailles, sang et sexe, tout en restant un peu plus « calme ». Et je préfère ça : contrairement à Game of Thrones, il n'y a pas de surenchère de violence ou de mort inutile ici. Bien sûr, il y a de la violence, des morts et autres moments frappants, mais on ne tombe pas dans le gore inutile, et c'est pourquoi j'ai de loin préféré cette série à Game of Thrones ! Et de toute façon, je suis en général plus intéressée par les séries provenant Royaume-Uni que par les Américaines. Et enfin, dernier détail qui fait toute la différence, ces deux séries ont beau être adaptées de livres, The Last Kingdom est quand même basé sur des faits historiques ! Même si on ignore encore beaucoup de choses sur cette époque, Bernard Cornwell et les créateurs de la série ont su reprendre les éléments connus et faire une histoire à leur sauce, cohérente et addictive du début à la fin.
Outre l'histoire, les personnages sont également les gros points forts. Malgré un certains nombres de protagonistes, les personnages ne sont quand même pas si nombreux que
ça : on retient facilement les noms, les liens qu'ils ont entre eux, et surtout leurs motivations. Uthred est sans conteste un des plus intéressants : on ne peut que s'identifier à lui, aux malheurs qu'il a subis, à la joie qu'il a eue dans sa famille d'adoption, mais surtout à son questionnement sur son identité, et à ce qu'il souhaite. La relation qu'il entretient avec la religion est également un des moteurs de l'histoire. Il va devoir se mettre un temps au service du roi Alfred, un homme très pieux, et dont l'entourage de cesse de reprocher à Uthred d'être un païen. Sa relation avec le roi est donc très ambivalente : il a du mal à le comprendre et à le respecter, mais a besoin de lui pour récupérer l'héritage de son père biologique. De même, ses relations avec sa famille d'adoption, notamment avec Ragnar et Brida sont très fortes, mais souvent conflictuelles. Lorsqu'il va s'allier avec Alfred, il va donc devoir combattre les Danois, au risque de retrouver certains de sa famille d'adoption sur le champ de bataille... J'ai particulièrement apprécié sa relation avec Ragnar, d'abord avec le père, puis avec Ragnar fils. Des frères qui vont se retrouver séparer, mais dont le lien semble indéfectible !
The Last Kingdom a en outre un très bon casting : Alexander Dreymon (Uthred) que je ne connaissais pas, mais qui a su me convaincre très rapidement ; Tobias Santelmann (Ragnar fils) est l'autre acteur que je découvre, et j'espère le revoir très rapidement sur les écrans ! Il y a sinon quelques guests ou acteurs de renommée, comme Matthew Macfadyen (Orgueil et Préjugés, Ripper Street, MI-5, Les Piliers de la terre), Ian Hart (Harry Potter, Ennemi d'État, My Mad Fat Diary), David Dawson (Ripper Street, Luther)... Donc, des acteurs connus, mais surtout une majorité d'acteurs inconnus, et dont le talent ne demande qu'à être reconnus davantage !
Je reviens sur le fait que The Last Kingdom soit l'adaptation des deux premiers tomes de la saga de Bernard Cornwell, The Last Kingdom et The Pale Horseman, une saga qui comporte actuellement 9 tomes. Donc j'espère que la série TV va continuer encore, mais surtout que les livres vont aussi avoir plus de succès, et surtout être réédités en français !
Destiny is all !

26/05/2016

Enterre mon cœur à Wounded Knee, de Dee Brown

Enterre mon cœur à Wounded Knee

Dee Brown



"Plus de deux cents cultures indiennes ont été virtuellement détruites, entre le Massachusetts et la Californie, au cours de l'histoire des États-Unis. Il nous faut nous souvenir de ce qui s'est passé à Sand Creek ou à Wounded Knee."


Un livre qui m'intéressait énormément depuis longtemps !
Au sein de l'histoire très fournie des États-Unis, il y a une époque qui m'intéressait plus particulièrement : le combat qui a eu lieu entre les Américains et les Indiens. En l'espace seulement de quelques années, plus de deux cents différentes cultures Indiennes ont été presque totalement éradiqués.
Enterre mon cœur à Wounded Knee retrace une époque allant de 1860 à 1890, toutes les étapes de la conquête de l'Ouest. La marche des Navajos, le massacre de Wounded Knee...Archives militaires et gouvernementales, procès-verbaux et récits, Dee Brown utilise des documents pour la plupart inédits pour raconter cette vaste fresque.
Le gros point fort de Enterre mon cœur à Wounded Knee, c'est cette chronique de l'histoire des Indiens, du moins une partie et sûrement la plus tragique. La dépossession de leurs terres, les morts et les blessés, mais surtout la possibilité d'avoir enfin le point de vue des vaincus. Cela change de la façon de voir des conquérants ! Publié une première fois en 1970 aux États-Unis, ce livre est rapidement devenu un classique et a été traduit dans le monde entier. Une traduction nécessaire, afin de s'intéresser à une époque si intéressante mais surtout si tragique, et dont les détails ne sont pas assez connus.
Dee Brown est un romancier et historien américain, spécialisé dans l'époque de la conquête de l'Ouest. Il a travaillé comme journaliste, a servi pendant la Seconde Guerre Mondiale, avec de devenir bibliothécaire et instituteur. Il a écrit plusieurs livres, mais Enterre mon cœur à Wounded Knee est le livre marquant de sa bibliographie, notamment pour avoir obligé un grand nombre de personnes à regarder d'un autre œil les cultures amérindiennes et la conquête de l'Ouest.
Style impeccable, un morceau d'histoire passionnant et méconnu, richement documenté... Enterre mon cœur à Wounded Knee est un livre indispensable à lire ! Malgré tout, je préfère vous prévenir : c'est un ouvrage très dense, très complexe. Il se lit chapitre par chapitre, il y a beaucoup à comprendre, beaucoup de noms et de dates à retenir.
Indubitablement un classique à lire absolument !












24/05/2016

Rêver, de Franck Thilliez

Rêver

Franck Thilliez





Abigaël souffre d'une narcolepsie sévère qui lui fait parfois confondre la réalité avec ses reflets chimériques.
De nombreux mystères planent autour de la jeune psychologue, notamment concernant un accident dont elle est miraculeusement sortie indemne.




Un nouveau Franck Thilliez est un événement que j'attends toujours avec impatience, surtout que j'ai eu l'occasion de le lire un peu en avance !
Abigaël souffre d'une narcolepsie sévère. C'est un trouble du sommeil, caractérisée par une immense fatigue, et peut s'endormir n'importe où et n'importe quand. Et ce ne serait pas amusant s'il n'y avait pas d'autres problèmes psychologiques associés à cette maladie ! Abigaël confond parfois la réalité avec ses rêves, ce qui a de nombreuses conséquences sur sa vie et son travail. Un travail qui exige pourtant toute son attention, étant donné qu'elle est psychologue, spécialisée en criminologie et qu'elle seconde la section de recherche de la gendarmerie. La jeune femme, malgré sa maladie, arrive malgré tout à mener à bien à la fois son travail et l'éducation de sa fille adolescente, Léa.
Depuis un an, elle travaille avec la gendarmerie sur une affaire d'enlèvement d'enfants. Un criminel qui semble particulièrement ingénieux et intelligents. Cette affaire requiert toutes les personnes et cerveaux possibles, car il devient urgent de résoudre cette affaire ! Entre-temps, Abigaël est victime d'un accident, où elle ne sort qu'avec quelques contusions, mais où son père et sa fille trouve la mort...
Rêver nous entraine dans une enquête haletante, sans temps mort ! Je trouve qu'il y a un petit goût de Memento ou d'Inception : on passe du rêve à la réalité, sans moyen de les distinguer l'un de l'autre, on ne sait plus que croire, ni comment être sûr de la réalité et de la vérité... On passe des cauchemars au monde réel, on se questionne, on doute, quel est le vrai et le faux ? Mais surtout, ces affaires mêlées de kidnapping d'enfants et cet accident d'Abigaël nous font poser encore plus de questions ! Franck Thilliez nous fait osciller entre plusieurs dates, on est toujours sur la brèche, et il faut s'accrocher pour pouvoir suivre la chronologie. Mais cela rajoute encore plus de tensions !
Quant aux personnages, que dire d'autres à part que tous sonnent incroyablement justes ? Abigaël en tête ! Elle a beau ne pas avoir eu une vie facile, être la proie d'une maladie difficile... C'est une battante qui arrive à avancer dans sa vie, être une excellente psychologue et une mère merveilleuse. Rêver nous permet de rencontrer ce personnage incroyable, très fort, et qu'on a très envie d'aider. J'ai aussi aimé sa relation avec sa fille. Léa a beau devenir une adolescente plus secrète, le lien qui l'unit à Abigaël est très fort. Les différentes personnages secondaires sont tout aussi intenses et bien décrits, un plaisir de les suivre !
Rêver est encore un excellent titre de Franck Thilliez : décidément cet auteur est brillant et diabolique ! Il ne fait que brouiller les pistes, nous mener en bateau du début à la fin, et nous, pauvres lecteurs faibles que nous sommes, en demandons toujours plus !
Donc, un nouveau livre à livre, et surtout un prochain titre à attendre avec impatience !




Chronique en + : l'avis de Book en Stock !




Challenge : 50 romans en 2016

22/05/2016

Les délices de Tokyo, de Durian Sukegawa

Les délices de Tokyo

Durian Sukegawa








Pour payer ses dettes, Sentarô vend des gâteaux. Il accepte d'embaucher Tokue experte dans la fabrication de an, galette à base de haricots rouges. Mais la rumeur selon laquelle la vieille femme aurait eu la lèpre étant jeune, met la boutique en péril. Sentarô devra agir pour sauver son commerce.


Attirée par l'affiche du film, je me suis précipitée au cinéma pour le voir sur grand écran. Avant d'apprendre qu'il s'agissait de l'adaptation du roman de Durian Sukegawa. Aussitôt, je me suis procurée le livre.
Pour régler ses dettes, Sentarô travaille dans une petite boutique, où il fabrique et vend des dorayaki, des pâtisseries japonaises fourrés à la pâte de haricots rouges. Débordé, Sentarô a mis une petite annonce pour trouver une personne qui pourrait lui donner un coup de main. Tokue, une vieille dame, va apparaitre un beau jour. Pas très convaincu, Sentarô va d'abord refuser. Mais la vieille femme ne va pas se laisser faire et va lui faire goûter le an (la pâte aux haricots) qu'elle cuisine elle-même. Conquis, Sentarô l'embauche.
Cette amélioration des pâtisseries va très vite se répandre, engendrant de plus en plus de demandes et une augmentation de la clientèle. Mais la bonne fortune est aléatoire, et très vite des rumeurs commencent à se répandent sur Tokue...
J'ai été très émue devant le film, et j'ai été rassurée de voir que c'était le cas également pour le livre ! Les délices de Tokyo est un très beau moment de douceur, émouvant, tendre et magnifique.
Les deux principaux personnages sont particulièrement frappants. Sentarô a un lourd passé, il est marqué par la vie et semble toujours vaciller au bord d'un précipice. Accomplissant son devoir sans âme, il ne fait ce travail que pour rembourser sa dette. Il tient une boutique de dorayaki, alors qu'il n'aime même pas ces pâtisseries ! Il n'attend que la fin de la journée pour pouvoir ouvrir une bouteille. Tokue, de son côté, est tout son contraire. Malgré son passé plus que difficile, sa vie actuelle qui n'est pas forcément plus facile, elle garde malgré tout une joie de vie, un entrain et une philosophie admirable. Entre ces deux-là va se nouer une relation, très belle et intense : ils vont être profitables l'un à l'autre, s'entraider, mais surtout trouver quelqu'un à aimer et à apprécier. Sentarô, grâce à cette relation, va s'ouvrir aux gens, apprendre à profiter de la vie et découvrir tout un monde qu'il ignorait. Outre Sentarô et Tokue, on apprend également à connaitre une jeune fille, qui m'a profondément touchée. C'est une de ces personnes gentilles et intéressantes que j'aimerais rencontrer plus souvent !
Les délices de Tokyo se dévore en un clin d'œil : j'ai eu à peine le temps de le commencer que je l'avais déjà fini ! On peut séparer l'histoire en deux parties : la première est vraiment axée sur Sentarô, sur sa vie et ses difficultés ; tandis que la deuxième se consacre à Tokue, et c'est l'occasion de découvrir un passé et une histoire du Japon que je ne connaissais absolument pas. C'est une face beaucoup plus sombre, très souvent tragique... Beaucoup de tristesse, mais la plume de Durian Sukegawa nous montre que malgré les difficultés, l'espoir existe malgré tout.
Les délices de Tokyo est un gros coup de cœur, un moment de délicatesse et de tristesse, magnifique et envoûtant ! Une lecture que je recommande absolument.





Challenge : 50 romans en 2016

20/05/2016

Le temps est assassin, de Michel Bussi

Le temps est assassin

Michel Bussi





Été 1989, Corse, presqu'île de Revellatta. Un fatal accident de voiture : quatre occupants, une seule survivante, une adolescente de quinze ans. Tous sont morts sous ses yeux.
Été 2016, devenue femme et mère, Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l'accident, avec sa famille, en vacances, pour exorciser le passé...
A l'endroit même où elle passait son dernier été avec ses parents, elle trouve une lettre.
Une lettre signée de sa mère... Vivante ?



Malgré mon envie de découvrir tous les romans de Michel Bussi, je n'ai lu pour l'instant que N'oublier jamais. Alors quand j'ai eu l'occasion au SDL 2016 d'avoir un SP de Le temps est assassin, je n'ai pas hésité une seule seconde !
Été 1989 : Clotilde est une jeune adolescente, passant des vacances en Corse avec ses parents et son frère. Des vacances qui se veulent reposantes, mais qui ne fait qu'exprimer certains sentiments latents... Jusqu'au drame, normalement un banal accident de voiture. Un virage, un peu trop de vitesse, et Clotilde est la seule survivante.
Été 2016 : Clotilde est maintenant adulte, mariée et mère. C'est la première fois depuis la mort de sa famille qu'elle revient sur les lieux du drame. Elle espère de cette manière exorciser son passé, mais surtout comprendre comment son père a pu sortir de la route ainsi. Elle ne se posait pas plus de questions, mais une lettre va tout faire basculer. Une lettre qui serait signée par sa mère...
Le temps est assassin est une lecture que j'ai dévorée rapidement. L'alternance entre 1989 et 2016 permet de garder un rythme soutenu, mais surtout de nous expliquer certains détails. Le fait de situer l'action en Corse et sur la presqu'île de Revellata me rappelle beaucoup de souvenirs, étant donné que j'ai passé un certains nombres de vacances en Corse. De cette manière, je pouvais parfaitement me représenter la plupart des lieux décrits, et surtout d'avoir l'impression d'y retourner une nouvelle fois ! La mentalité Corse et ses traditions sont également parfaitement décrites, on est immergés dans une culture particulière et intéressante.
Quant aux personnages, j'ai particulièrement aimé Clotilde : d'adolescente sauvage et amatrice de Beetlejuice, on la retrouve en femme, avec des questions et des doutes. Le fait de se retrouver sur le lieu de l'accident des années après va la fragiliser, et recevoir une lettre de sa mère morte ne fait qu'empirer les choses. Surtout que son mari et sa fille ne se sentent pas concernés par ses interrogations ! Clotilde a rencontré son mari des années après l'accident, il n'a donc pas eu le temps de les connaitre ; et donc, même si c'est un évènement tragique, il a du mal à se mettre en empathie avec les tourments de son épouse...
Ma deuxième lecture de Michel Bussi, et c'est encore une fois un pari gagnant ! On démarre tout doucement, l'intrigue se met en place lentement... Pour nous bluffer à chaque page ! Le temps est assassin utilise tous les codes du genre, mais parvient à surprendre et à nous embrouiller jusqu'aux dernières pages.
Le temps est assassin est donc une très bonne lecture, et j'espère pouvoir enfin me mettre aux autres romans de Michel Bussi !



Chronique en + : l'avis de Bettie Rose Books !



Challenge : 50 romans en 2016

18/05/2016

Incandescente, Tome 1, de K. Aisling

Incandescente, Tome 1
Révélation Incendiaire

K. Aisling


Partir.
Tout quitter. Mes racines. Ma famille. Mes amis. Et tenter de me reconstruire et guérir de mes blessures.
Je devais reprendre ma vie en main avec pour simples bagages, une valise et mes souvenirs ! Pourtant, rien n'aurait pu me préparer à ce que j'allais affronter. Je pensais être un monstre, néanmoins je n'étais rien comparé à certains.
Ma vie allait prendre un nouveau tournant, surprenant et bien loin de ce que j'avais imaginé. Mais je ne serais pas seule face à mon destin. Une rencontre précieuse. Gabriel.
Je m'appelle Cathye... mais pour eux, je suis le Phénix !



Merci à Sharon Kena !
Cathye, suite à plusieurs drames, décide de tout quitter et commencer une nouvelle vie. Université, maison, elle recommence et quitte ses parents et la vie qu'elle menait. Mais malgré les accidents qui lui sont arrivés, les différentes catastrophes qu'elle a rencontrées, elle ne s'attendait pas à ce que sa vie devienne encore plus étrange !
Elle quitte donc la France et sa Provence natale, pour rencontrer son cousin Chris et commencer l'Université. Elle va se lier d'amitié avec plusieurs personnes, jusqu'au jour où, en aidant une jeune fille brimée par d'autres élèves, elle va rencontrer Gabriel et ses amis. A partir de ce moment, elle sera mise peu à peu dans la confidence : Gabriel, son cousin, et leurs amis sont loin d'être « normaux » ! Ils vont se révéler avoir des dons ou des natures particulières, ainsi qu'elle-même. Et on peut dire que le don qu'elle possède attire de sérieuses convoitises, ce qui va obliger Cathye et ses amis à livrer le combat de leur vie pour garder leur liberté.
Révélation Incendiaire ne se révèle pas spécialement différent d'autres œuvres du même genre, au contraire. Une personne qui fuit son lourd passé, des capacités qui se révèle peu à peu et qu'elle a du mal à contrôler, une bande d'amis issus de ce milieu fantastique, l'initiation, l'amour...
C'est d'ailleurs à cause de ça que j'ai eu beaucoup de mal à m'y mettre au début ! Je trainais dans ma lecture, j'avais l'impression de lire quelque chose que j'avais déjà lu et relu... Mais en m'accrochant, j'avoue que suis quand même parvenue à me laisser prendre au jeu et à la plume de K. Aisling ! Ce qui m'a plu tout d'abord est la maitrise de l'univers, ce qui fait souvent toute la différence. La description de l'environnement, les expressions québécoises, les différentes mythologies et légendes, les peuples... C'est vraiment le point fort.
Pour ce qui est des personnages, nous avons Cathye : brisée, dépressive, elle ne reprend goût à la vie qu'une fois à l'université. Son pouvoir est particulièrement impressionnant et bien décrit. Sinon, Gabriel est évidemment l'homme idéal : beau, gentil, protecteur, très fort... Sérieusement, est-ce que on ne pourrait pas avoir des héros lambda de temps en temps, et aussi une histoire d'amour sans triangle amoureux ? Mais à part ça, il se révèle malgré tout intéressant ! Les personnages secondaires sont plus intéressants, surtout grâce au fait qu'ils aient plus de profondeurs.
Malgré certaines critiques sur Révélation Incendiaire, je n'ai quand même pas passé un mauvais moment. Il y a plusieurs points à améliorer pour la suite, et je jetterai un coup d'œil à la suite. Histoire de voir ce qui arrive aux personnages !



Chronique en + : l'avis de En tournant les pages !



Challenge : 50 romans en 2016

16/05/2016

Le chant du rossignol, de Kristin Hannah

Le chant du rossignol

Kristin Hannah





France, 1939.
Dans le village de Carriveau dans la Loire, Vianne Mauriac fait ses adieux à son mari qui part au front et se retrouve seule avec sa fille. Elle ne peut imaginer que les nazis vont envahir le pays. Pourtant, lorsqu'un capitaine allemand réquisitionne sa maison, elle est forcée d'accueillir un officier sous son toit. Et fait le choix de protéger sa fille avant la liberté de son pays...
Sa sœur Isabelle, 18 ans, a passé son enfance dans des pensionnats depuis la mort de leur mère, et son père décide de l'envoyer vivre avec Vianne. Mais son tempérament rebelle met en danger leurs vies à toutes. Isabelle décide donc de partir vivre à Paris, le jour de l'entrée des Allemands dans la ville. Impétueuse et pleine d'idéaux, elle s'engage très vite dans la Résistance sous le nom de code " Le Rossignol ".



Après avoir lu une quantité de critiques plus qu'élogieuses, je ne pouvais pas manquer de me jeter sur Le chant du rossignol !
1939, en France, dans un petit village de la Loire. La guerre est déclarée, entrainant hommes et femmes dans la tempête. Vianne Mauriac doit dire au revoir à son mari qui part sur le front, et reste seule chez elle avec sa fille. Elles ne resteront pas toutes les deux indéfiniment : c'est d'abord sa petite sœur Isabelle qui vient habiter chez elle, avant qu'un Allemand ne prenne ses quartiers dans sa maison. Vianne fait le choix de se protéger et surtout de protéger son enfant avant la liberté de son pays. De son côté, Isabelle – plus jeune et plus impétueuse – décide de quitter le village pour rejoindre Paris et la Résistance.
Le chant du rossignol est l'histoire de deux femmes, très différentes mais qui sont animées toutes les deux par une grande volonté, qui les entrainera dans des chemins différents. Mais Kristin Hannah nous raconte surtout l'histoire d'un pays, d'une guerre abominable, et de comment les femmes et les enfants ont menés leur propre guerre, loin des hommes se battant au front. Et c'est un sujet qui a trop souvent été mis dans l'ombre je trouve. Il est important de raconter les conflits menés par les hommes, comment les batailles faisaient rage, leurs sacrifices... Mais pendant ce temps, qui parle de ceux qui sont restés derrière ? Les femmes ne sont peut-être pas allées au front, mais elles devaient faire avec le rationnement, la faim, le froid, la présence des Allemands... Beaucoup d'Allemands ont été entrainés dans cette guerre contre leur gré, mais comment traiter avec ceux qui embrassent totalement la cause d'Hitler, et surtout qui n'hésitent pas à se servir en « avantages » ?
Mais on parle aussi assez peu – je trouve – des femmes qui ont eu un rôle dans la Résistance. Le chant du rossignol est certes romancé, mais Kristin Hannah va nous parler d'abord d'Isabelle, qui n'hésite pas à aider des aviateurs anglais, notamment en les faisant passer de la France occupée à l'Espagne. Un rôle essentiel, primordial, mais les petites gestes sont également important : refuser de dénoncer des amis ou des voisins, ne pas se transformer en collabo, aider des personnes à s'échapper ou simplement fournir un peu de nourriture et un abri... Deux sœurs, deux vies, deux façons de lutter, et beaucoup d'émotion !
Même si ce n'est pas le genre que je lis le plus, j'aime beaucoup les romans historiques : c'est une manière de voyager dans le temps (mon plus grand rêve) et de survoler une période que l'on ne connait pas, et heureusement pour certaines ! Les livres sur la Seconde Guerre Mondiale m'ont toujours touchée, parce que ce n'est pas très loin, c'est de l'époque de mes grands-parents... Et ça rend tout ça vraiment réel ! Mais ces romans ont aussi la particularité de nous pousser à nous interroger sur nous-mêmes. Si j'avais vécu à cette époque, qu'aurais-je fais ? J'aime à penser que je ne serais jamais devenue une collabo : ce n'est pas dans mon caractère de dénoncer mes petits camarades, mais surtout je ne cautionne pas les actes d'un dément comme Hitler. J'aurais aimé faire quelque chose pour la Résistance, ne serait-ce qu'un petit geste. Mais je me demande quand même : et si on avait menacés mes parents ? Mes enfants ? Ma famille ou mes amis ? Ou même simplement de me torturer ? Je peux arriver à comprendre les actes de certaines personnes, parce qu'elles ont peur pour leurs familles ; par contre, je ne respecte pas les autres qui font ces choses abominables parce qu'ils sont d'accord avec les pensées d'Hitler, ou en tirer certains bénéfices ou simplement par plaisir.
Le chant du rossignol est donc un roman magnifique et souvent très dur, évidemment, avec une écriture superbe et des personnages tous plus captivants les uns que les autres. Je ne peux que vous le conseiller !



Chroniques en + : l'avis de My Pretty Books et Preskilia !




 

14/05/2016

Tout n'est pas perdu, de Wendy Walker

Tout n'est pas perdu

Wendy Walker





Alan Forrester est thérapeute dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Kramer, quinze ans, qui présente des troubles inquiétants.
Celle-ci a reçu un traitement post-traumatique afin d'effacer le souvenir d'une abominable agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l'a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée. Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d'Alan, tous lui confient leurs pensées les plus intimes, laissent tomber leur masque en faisant apparaître les fissures et les secrets de cette petite ville aux apparences si tranquilles.
Parmi eux, Charlotte, la mère de Jenny, et Tom, son père, obsédé par la volonté de retrouver le mystérieux agresseur.



Merci à Sonatine !
Jenny Kramer est une jeune fille de 15 ans, sans histoire et sans problème particulier. Jusqu'à cette malheureuse soirée, où elle se fait violer de manière extrêmement brutale. Pour l'aider à dépasser ses traumatismes, les médecins ont appliqués sur elle un traitement effaçant de sa mémoire cette agression. Il est peut-être bénéfique d'oublier certains événements, mais à quels prix ?
Jenny s'est peut-être remise plus rapidement, mais avec ses souvenirs de l'agression ont disparu toutes chances d'identifier son violeur, qui pourrait frapper de nouveau. Mais de manière plus large, même si son esprit a oublié les détails de cette soirée, son viol reste présent dans son corps et enfoui loin dans sa mémoire, n'attendant qu'une occasion de resurgir.
Tout n'est pas perdu nous plonge dans les méandres de la mémoire, à travers le récit d'Alan Forrester, le thérapeute. Il reçoit Jenny en consultation, tentant de l'aider à avancer et de retrouver sa mémoire perdue ; mais dans le même temps, il va également recevoir Charlotte et Tom, les parents de la jeune fille tout en continuant à travailler avec ses autres patients. Parmi tous les habitants de cette petite ville, beaucoup portent un masque qui s'effrite peu à peu. Les secrets et les fissures apparaissent, des questions se posent, et certaines personnes ne songent qu'à l'agresseur, devenant aveugles à toutes autres choses.
Quand je me suis plongée dans Tout n'est pas perdu, je ne connaissais pas Wendy Walker. Mais c'est un peu normal, étant donné que c'est son premier roman traduit en France ! Malgré tout, il parait que Tout n'est pas perdu a suffisamment convaincu pour être en cours d'adaptation par la Warner et les producteurs de Gone Girl.
Tout n'est pas perdu est un roman que j'ai apprécié de découvrir : plus qu'une enquête policière basique, on se retrouve plongés dans la psychologie des personnages. Le destin de chacun s'entrecroise, nous plongeons dans différentes pensées, différentes ombres... On peut dire Wendy Walker a eu le grand talent de composer une galerie de personnages tous plus intéressants et fouillés les uns que les autres !
Une lecture que je recommande.



Challenge : 50 romans en 2016

12/05/2016

Smog of Germania, de Marianne Stern

Smog of Germania

Marianne Stern



Germania, début des années 1900, capitale du Reich.
À sa tête, le Kaiser Wilhem, qui se préoccupe davantage de transformer sa cité en quelque chose de grandiose plutôt que de se pencher sur la guerre grondant le long de la frontière française - et pour cause : on dit qu'il n'a plus tous ses esprits. Un smog noir a envahi les rues suite à une industrialisation massive, au sein duquel les assassins sont à l'oeuvre.
Une poursuite infernale s'engage dans les rues et les cieux de Germania le jour où la fille du Kaiser échappe de peu à une tentative de meurtre. Objectif : retrouver les commanditaires. La chose serait bien plus aisée s'il ne s'agissait pas en réalité d'un gigantesque complot, qui se développe dans l'ombre depuis trop longtemps.



J'errais au SDL 2016, lorsque je suis tombée en arrêt devant Smog of Germania : d'abord à cause de la couverture, que je trouve absolument sublime, et ensuite pour le résumé pour le moins captivant !
1900, à Germania, la capitale du Reich. Le Kaiser Wilhem semble perdre ses esprits, et transforme sa ville en monument alors qu'il ferait mieux – d'après ses conseiller – de se concentrer sur le problème de la guerre qui fait rage le long de la frontière française. Dans le même temps, à cause d'une industrialisation massive, un smog noir a envahi les rues, cachant des assassins et des mafias.
La fille du Kaiser, Viktoria, échappe de peu à des tentatives de meurtres, ce qui va amener au grand jour un gigantesque complot, caché depuis trop longtemps. Elle va s'enfuir, aidé par des hommes pour le moins inquiétant. Leur mission : retrouver les commanditaires avant qu'il ne soit trop tard.
Smog of Germania nous fait suivre Viktoria. Jeune fille élevée dans un cocon dorée, elle sait peu de chose sur la vie à l'extérieur, malgré ses escapades. De fait, cela donne une personne parfois hautaine, souvent capricieuse... Elle va devoir évoluer par la suite, apprendre à voir par-delà les apparences. Pour cela, elle va avoir besoin de l'Exécuteur : travaillant pour le Kaiser en tant qu'assassin, il est à la fois homme et automate, mais surtout craint par tous. Ils vont rapidement s'allier avec Maxwell, un espion aux airs de pirate. Ces deux personnages, l'espion et l'assassin semblent lier l'un à l'autre, pour le meilleur et pour le pire. On va apprendre à connaitre peu à peu l'Exécuteur, Jeremiah. Froid, taciturne, il va faire tomber légèrement sa garde devant Viktoria, mais surtout devant Maxwell. Sans conteste, LE personnage de l'histoire que j'ai préféré ! Brillant, charismatique, dur... j'aurais voulu en savoir plus sur lui. De son côté, Maxwell est également intéressant, je n'ai jamais pu résister au pirate aux faux airs de gentilhomme. Viktoria est un peu plus ambivalente : elle est effectivement parfois capricieuse et hautaine, mais je l'ai apprécié malgré tout, surtout pour la voir s'adapter à cet univers rude et violent.
Outre l'histoire et les personnages, Marianne Stern a créé un univers particulièrement riche et impressionnant. Germania est une ville surpeuplé, avec un dédale de ruelles mal fréquentées, des personnages peu fréquentables, le tout dans une atmosphère enfumé et poisseuse à cause du smog. Le smog est une épaisse brume limitant le regard, dû à un mélange de polluants et causant de nombreux effets nocifs à l'organisme et à l'environnement. Les descriptions de la ville et du monde alentour sont criantes de réalisme, et l'ajout des automates et de l'orfèvrerie ajoute une ambiance Steampunk pour le moins intéressante et passionnante ! Smog of Germania est un livre excellent : parfois étouffant, toujours intéressant. Personnages, ambiances, descriptions... Pour ma première découverte de Marianne Stern, je ne suis pas déçue et j'attends avec impatience de lire ses autres livres !
N'hésitez pas à découvrir Smog of Germania, très bon du début à la fin !



Chronique en + : l'avis de Tasse de Culture !




Challenge : 50 romans en 2016

10/05/2016

Top Ten Tuesday ≠46

Top Ten Tuesday
Les 10 bons "one-shot" (tous genres confondus)




- Aristote et Dante découvrent les secrets de l'Univers, Benjamin Alire Saenz

Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n'ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais...
C'est donc l'un avec l'autre, et l'un pour l'autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l'univers.


- Une vie après l'autre, Kate Atkinson
11 février 1910 : Ursula Todd naît – et meurt aussitôt.
11 février 1910 : Ursula Todd naît – et meurt, quelques minutes plus tard, le cordon ombilical enroulé autour du cou.
11 février 1910 : Ursula Todd naît – le cordon ombilical menace de l'étouffer, mais cette fois le médecin est là pour le couper, et Ursula survit...
Ursula naîtra et mourra de nombreuses fois encore – à cinq ans, noyée ; à douze ans dans un accident domestique ; ou encore à vingt ans, dans un café de Munich, juste après avoir tiré sur Adolf Hitler et changé ainsi, peut-être, la face du monde...
Si l'on avait la possibilité de changer le cours de l'histoire, souhaiterions-nous vraiment le faire ?


- Le train des orphelins, Christina Baker Kline
Pour son premier roman publié en France, Christina Baker Kline revisite une page méconnue de l'histoire des États-Unis, les trains d'orphelins envoyés vers l'Ouest pour servir de main-d'œuvre gratuite.
En 1929, la petite Vivian, 7 ans, récemment arrivée d'Irlande, embarque dans l'un d'entre eux sans savoir qu'elle va vivre un bien cruel voyage et être quasiment réduite en esclavage... De nos jours, elle dévoile enfin son passé à Mollie, une orpheline indienne de 17 ans.


- Dites aux loups que je suis chez moi, Carol Rifka Brunt
Nous sommes au milieu des années 1980, aux États-Unis.
June est une adolescente taciturne, écrasée par une sœur aînée histrionique et des parents aussi absents qu'ennuyeux. Depuis sa banlieue triste du New Jersey, elle rêve d'art et de son oncle Finn, un peintre new-yorkais reconnu. Mais Finn est très affaibli et meurt bientôt de cette maladie qu'on n'évoque qu'à demi-mot, le sida. Inconsolable, la jeune fille se lie d'amitié avec un homme étrange, Toby, qui se présente comme l'ami de Finn.
Confrontée à l'incompréhension de son entourage, et à la réalité d'une maladie encore honteuse, June va brusquement basculer dans le monde des adultes et son hypocrisie.


- Les petits pains de la pleine lune, Gu Byeong-mo
Comme dans toute bonne boulangerie-pâtisserie, il y en a pour tous les goûts dans ce petit livre : du mystère, des choses graves, de l'humour (noir), de la tendresse (cachée).
Le héros est un jeune garçon coréen, sa mère s'est suicidée quand il était enfant et sa belle-mère le harcèle moralement. Un jour, il s'enfuit de chez lui et trouve refuge dans une pâtisserie, lui qui n'était pourtant pas fan de gâteaux ! Là il fera la connaissance d'une fille pas comme les autres, Oiseau-Bleu, et d'un pâtissier un peu sorcier. Car dans cette boutique vraiment banale en apparence, on confectionne des gâteaux aux pouvoirs étonnants, qui sont vendus sur Internet.
Mais attention ! N'oubliez pas que la magie peut toujours se retourner contre vous.


- Pointe, Brandy Colbert
Theo va mieux. Elle a recommencé à s'alimenter, sort avec des garçons presque recommandables et elle est sur la bonne voie pour devenir une danseuse de ballet d'exception.
Mais lorsque réapparait, son plus vieil ami, Donovan, après quatre longues années de séquestration, la voici à nouveau fragilisée. La découverte dans la presse que le ravisseur de Donovan n'est autre que son ex-petit ami – qui, à l'époque, lui a aussi menti notamment sur son âge –, la met face à un dilemme : dire toute la vérité au prix de sa future carrière et sa réputation, ou ne rien dire et protéger un criminel...


- Il était une lettre, Kathryn Hughes
Tina est malheureuse auprès d'un mari trop porté sur la boisson et souvent violent. Le week-end, pour ne pas être à ses côtés, elle se réfugie dans une boutique caritative où elle est vendeuse bénévole. C'est alors que sa vie bascule lorsqu'elle y découvre une lettre dans la poche d'un vieux costume. Cette lettre n'a jamais été ouverte, le timbre n'est pas cacheté et elle date de septembre 1939 : c'est une demande en mariage.
Très émue que la destinataire n'ait jamais reçu cette demande, Tina va mener l'enquête et découvrir l'histoire bouleversante d'un amour impossible... Celui de Chrissie, jeune femme de 17 ans qui tombe éperdument amoureuse, malgré les réticences de son père, un médecin très strict. La guerre finit par exploser et son grand amour est contraint de partir au front, la laissant enceinte.


- La maison dans laquelle, Mariam Petrosyan
Dans la Maison, vous allez perdre vos repères, votre nom et votre vie d'avant. Dans la Maison, vous vous ferez des amis, vous vous ferez des ennemis. Dans la Maison, vous mènerez des combats, vous perdrez des guerres.
Dans la Maison, vous connaîtrez l'amour, vous connaîtrez la peur, vous découvrirez des endroits dont vous ne soupçonniez pas l'existence, et même quand vous serez seul, ça ne sera jamais vraiment le cas. Dans la Maison, aucun mur ne peut vous arrêter, le temps ne s'écoule pas toujours comme il le devrait, et la Loi y est impitoyable.
Dans la Maison, vous atteindrez vos dix-huit ans transformé à jamais et effrayé à l'idée de devoir la quitter.


- Nord et Sud, Elizabeth Gaskell
C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre.
Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l'Église et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du Nord.
Margaret va devoir s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l'opposent à leur patron, John Thornton.


- Les Arcanes du Chaos, Maxime Chattam
Célibataire parisienne sans histoires, Yael est loin de se douter qu'il existe des secrets qui mettent en danger ceux qui les découvrent. Le jour où des ombres apparaissent dans ses miroirs pour lui parler codes secrets et sectes millénaires, elle se croit folle ou possédée.
Projetée dans un jeu de piste infernal, pourchassée par des tueurs, Yael se retrouve au cœur d'une lutte ancestrale. Des catacombes de Paris aux gorges hantées de Savoie, jusqu'au New York des milliardaires, la vérité ne doit pas survivre.
Et si l'histoire n'était que manipulation ? Quand le diable s'en mêle, la terreur ne fait que commencer...

08/05/2016

Maestra, de L.S. Hilton

Maestra

L.S. Hilton





Le jour, Judith Rashleigh est assistante dans un hôtel de ventes aux enchères londonien qui l'exploite malgré ses diplômes et son talent. La nuit, elle officie dans un bar à hôtesses où elle séduit sans effort.
Judith sait qu'elle doit jouer le jeu. Pour faire carrière et pour charmer les hommes, elle a appris à être une gentille fille... Jusqu'à ce qu'elle découvre une gigantesque escroquerie autour d'une fausse toile de maître. Licenciée avant d'avoir pu faire éclater le scandale, Judith décide de fuir avec un riche client sur la Côte d'Azur. Là-bas, un monde décadent et corrompu les attend. Là-bas, elle goûtera à la vengeance. La gentille fille deviendra femme fatale.






Merci à Robert Laffont !
Judith Rashleigh travaille en tant qu'assistante pour un hôtel de ventes aux enchères à Londres. Malgré ses diplômes et ses talents, elle n'est considérée que comme un sous-fifre qui n'a pas son mot à dire. Pour compenser ses journées vides de sens, elle officie la nuit dans un bar à hôtesses, ce qui lui permet de se faire beaucoup d'argent et de séduire facilement.
Un jour, elle découvre une gigantesque escroquerie autour d'une toile de maître à son travail. Sur le point de faire éclater le scandale, elle est licenciée. Elle décide alors de fuir avec un client rencontré lors de son travail de nuit, en direction de la Côte d'Azur. Là-bas, elle décide de goûter aux joies de la vengeance, et de tout faire pour que maintenant tout se déroule selon ses plans à elle.
Maestra est sans doute le livre de la Bête Noire qui a eu le plus de publicités, qui a eu beaucoup de refus de la part d'éditeurs, et qui est souvent cité dans la presse. Pour ma part, je ne refuse jamais un livre de la Bête Noire, et pourtant celui-ci m'a fait un peu hésiter... Car, j'avoue que les livres à tendance un peu érotisme me font toujours reculer. Donc, j'attendais de voir si L.S Hilton allait me convaincre ! Car après tout, j'avais aimée toutes les publications précédentes de la Bête Noire, pourquoi celle-ci serait différente ? Mais malheureusement, je suis peut-être partie un peu trop confiant... Oui, Maestra n'a pas été un coup de cœur, et m'a laissé sur le fond assez dubitatif.
Ce mélange de genres, entre thriller et érotique, est la première chose qui m'ait dérangée. Certes, cela n'a rien à voir avec Fifty Shades of Grey : je le trouve déjà mieux écrit, notre héroïne – Judith – est une femme fatale qui souhaite atteindre son but sans dévier de son chemin. Il y a beaucoup de sexualité, mais peu de sentiments ou d'amour. C'est déjà quand même un bon point ! Après, je ne sais pas si je suis définitivement hermétique au genre érotique, mais j'ai trouvé que c'était un peu trop présent, et que le côté thriller n'était pas assez mis en valeur. Et pourtant, c'est ce que j'attendais davantage de cette lecture ! Le fait qu'elle veuille se venger, d'user de ses charmes et surtout de son intelligence pour infiltrer le milieu de l'art et le monde criminel est vraiment intéressant. Le fait que cela se passe dans le monde de la peinture et de l'art en général est aussi quelque chose que j'apprécie énormément. Du coup, j'attendais beaucoup de cet aspect-là de l'histoire, mais malheureusement, cela n'a été peut-être pas assez développé. A mon goût du moins ! Par contre, l'érotisme est définitivement très présent. Que ce soit au début de Maestra, quand Judith est hôtesse dans un bar à champagne réputée, ou quand son passe-temps est de faire l'amour avec hommes, femmes, voir les deux. Ensuite, elle profitera de sa beauté pour mettre au point sa vengeance, n'hésitant pas à recourir à n'importe quel moyen. Alors oui, on pourrait dire : enfin une femme qui n'hésite pas à tirer profit de sa sexualité pour avoir ce qu'elle veut ! Certes, mais c'est une méthode qui ne me convainc pas énormément, j'ai eu du coup beaucoup de mal à adhérer au fonctionnement de Judith et à la comprendre. Les scènes de sexe sont très nombreuses, Judith aime faire l'amour et est prête à tout pour baiser. Je dois avouer, mais ce n'est peut-être que mon manque de goût pour cette littérature, qu'au bout d'un moment cela m'a ennuyée. Certes, les scènes de sexe sont parfois dérangeantes, mais... voilà. C'est tout. Pas de frisson, pas d'excitation, juste de la lassitude.
Mais malgré mon scepticisme et mon manque d'empathie envers le personnage principal, L.S Hilton réussit malgré tout à me faire avancer dans l'histoire mais surtout à me donner envie de savoir ce qui va arriver. De plus, Maestra nous fait voyager, de la Côte d'Azur à l'Italie, mais surtout nous montre les dessous du monde de l'art : magouille et manigance sont au programme !
Donc, Maestra nous embarque dans une histoire sombre et glauque, je serais sans doute au rendez-vous pour la suite, mais sans en attendre grand-chose. Dommage !



Chroniques en + : l'avis de Bettie Rose Books et Léa Touch Book !



Challenge : 50 romans en 2016